Bassin du lac Tchad : les chefs d’Etats sur le pied de guerre contre Boko Haram

Bassin du lac Tchad : les chefs d’Etats sur le pied de guerre contre Boko Haram

La Tribune Afrique – Face à la recrudescence des attaques des différentes factions de Boko Haram, les chef d’Etats des pays voisins du lac Tchad se sont réunis, le vendredi 29 novembre à N’Djamenaau Tchad.

A l’ordre du jour, une nouvelle stratégie pour contrer le nouvel assaut des groupes terroristes qui regagnent du terrain notamment au Nigéria. Entre de nouvelles stratégies et un appel au soutien de la communauté internationale, les chefs d’Etat de la sous-région sont déterminés à aller à la contre-offensive.

Peu de choses ont filtré du Sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT), qui s’est tenu ce jeudi 29 novembre à N’Djamena au Tchad.

La réunion qui a été convoquée en urgence par le président en exercice de l’organisation, le président nigérian Muhammadu Buhari, a permis aux chefs d’Etat de passer en revue la situation sécuritaire dans le bassin du lac Tchad, ainsi que des mesures à prendre pour faire face à la recrudescence des attaques des différentes factions de Boko Haram. 

La secte nigériane qu’on disait un temps affaiblie, a depuis quelques mois, retrouvé sa force de frappe et recommence à reprendre des bastions dans le bassin du lac, principalement au Nigeria, où ses assauts contre des positions militaires ont fait plusieurs dizaines de morts en un mois. Les autres pays voisins, notamment le Niger, le Tchad et le Cameroun, ne sont pas également épargnés avec la récente séries d’attaques terroristes, d’attentats kamikazes et d’enlèvements de civils notamment de jeunes filles.

Il y avait donc urgence à réagir d’autant qu’au Nigeria, épicentre de la crise sécuritaire, Buhari fait face à une pression qu’amplifie la tenue, en février 2019, de la prochaine élection présidentielle à laquelle il se représente pour un second mandat. Après avoir déterré la hache de guerre dans son propre pays, le président nigérian a donc réuni ses pairs de la CBLT afin de coordonner la riposte. Il y avait à côté de l’ancien général, son homologue tchadien, Idriss Déby Itno, ainsi que celui du Niger, Mahamadou Issoufou, alors que le Cameroun a été représenté par son premier ministre, Philémon Yang.

Après un premier huis-clos, les chefs d’Etat ont élargi leur conclave aux responsables civils et militaires de l’organisation qui ont dressé l’état de la situation dans le bassin du lac Tchad ainsi que les réponses militaires qui sont mises en œuvre. Le secrétaire exécutif de la CBLT et chef de mission de la Force multinationale mixte (FMM), Mamman Nuhu, ainsi que le commandant de la Force militaire commune, le général de division Chikezie Onyea Ude, ont ainsi exposé la situation devant les chefs d’Etats. « Les chefs d’Etat et de gouvernement ont exprimé leur profonde préoccupation face à la recrudescence des attaques contre les différents pays et ont souligné l’impérieuse nécessité de changer d’approche dans la lutte contre Boko Haram», a souligné le communiqué ayant sanctionné le sommet, qui ajoute qu’à cet effet, « ils ont pris des décisions dont celle relative à la coopération opérationnelle ».

Appel à la communauté international

A l’issue de leur conclave, les chefs d’Etat de la CBLT ont également sollicité le soutien de la communauté international, « dans le cadre de la lutte contre le terrorisme dans la région, la stabilisation et le développement durable de la sous-région ». Il faut dire que jusque-là, c’est le Nigeria qui assurait le leadership de la réponse commune en finançant notamment pour une bonne partie, la Force mixte multinationale. Entre 2016 et 2017, les soldats de la CBLT ont enregistré plusieurs succès, notamment la reprise de plusieurs localités occupées par Boko Haram, ainsi que des coups durs portés à l’organisation terroriste qui a un temps été considérablement affaiblie. Cependant, depuis quelques mois, la riposte commune a été quelque peu relâchée, ce qui a permis à Boko Haram et ses différentes factions, de reprendre du terrain.

Plusieurs analystes expliquent ce nouveau contexte par les autres menacent que vivent la majorité des pays membres. Au Tchad, des groupes rebelles sont en train de montrer en puissance dans le nord du pays, au Tibesti à la frontière libyenne, ce qui a d’ailleurs obligé le gouvernement à redéployer une partie de ses troupes opérant dans le bassin du lac Tchad vers les nouveaux foyers de tensions où l’armée tchadienne (FAT) butte encore à enrayer les menaces. Le pays de Déby est aussi engagé dans le G5 Sahel où la situation sécuritaire notamment à la frontière avec le Burkina et le Mali, ne ce cesse de se dégrader comme en témoigne la persistance des attaques. Au Cameroun, la crise anglophone qui persiste, a ouvert un autre front à l’armée qui est également en première ligne contre Boko Haram.

L’effort de guerre, surtout financier, commence donc à beaucoup peser sur les budgets des Etats de la CBLT alors que les menaces sécuritaires ne cessent de s’amplifier. Buhari qui a de nouveau confirmé son engagement à « rayer Boko Haram de la surface de la terre », a donc sonné le rappel des troupes. Le temps presse en effet et les défis pour les différents pays, assez stratégiques, surtout au regard des enjeux internes notamment en matière de développement.

Par Aboubacar Yacouba Barma 

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