Interview avec Mama Dem, artiste

Interview avec Mama Dem, artiste

Terroir JournalMamadou Dem, jeune artiste de Bababé : « nous sommes sur un projet, en plus de l’album « Tiwawone » mis sur le marché ».

A l’occasion du Festival de Bababé organisé le 21 et 22 Décembre dans la capitale du Lao, il nous a accordé un entretien. Dans le salon de la Maison familiale, à Bababé, le jeune artiste entouré des membres de son orchestre, Looty Groupe ; Ibrahima Ba qui avait la commande de la guitare traditionnelle (Hoddou) ainsi que Chérif Djimméra et Baye Sall qui manipulaient les guitares modernes, entouré également de sa dulcinée et charmante épouse, Raky, sa sœur, Marième Dem et son ami, Abdoul El Hadj Ba.

Le parcours du jeune musicien, ancien élève pensionnaire du Lycée de Boghé vers le début des années 1990 a été largement inspiré par Moussa Label en 1988 à Bababé.

Issue de la lignée des Torobés, ce jeune artiste n’était pas censé choisir le métier de musicien dans une société de castes, féodale et conservatrice où ce métier était exclusivement réservé aux griots et laudateurs. Mais la modernité dictant sa loi, les gens finissent par tolérer et même adopter le choix de l’artiste. Admettre que l’art est un métier très noble. Inspiré par le Musicien Moussa Label Diong, depuis 1988-1989, quand il était élève au collège de Bababé.

Moussa vit actuellement à Paris. Un repère pour lui bien avant Baba Maal. Quelqu’un qui l’a grandement inspiré et contribué à sa formation musicale. L’auteur du célèbre morceau « Tiwawone », dédié à l’illustre guide religieux Tidjane, El Hadj Malik Sy s’est retrouvé en France au début des années quatre vingt dix grâce à l’aide de Ba Chaikh Omar alias Abdoul Oumma, un ressortissant de Boghé.

Il a accepté de répondre aux questions de la presse locale. Notamment Abou Thiam de Pété Fm et Nanka Fm, Hamadi Abou Diop, directeur des Traces de L’Info et correspondant local de Bamtaaré Fm (Dodel) et Daouda Abdoul Kader DIOP, dirpub du journal régional « Le Terroir-NGENNDI » et correspondant de Demette Fm à Boghé.

Le Terroir : quelles sont vos impressions sur le déroulement du Festival Culturel de Bababé ?

Mamadou Dem : je remercie la presse locale et salue l’ensemble des auditeurs et lecteurs de vos organes et prie sur Allah et son prophète (PSL) de nous guider sur le bon chemin. Je me réjouis des pouvoirs que nous a offerts Allah de rester en bonne santé, de respirer, de parler et d’agir auprès du public. Je suis content car je suis en face de la communauté Peulh de la planète, dans mon terroir natal qui m’a vu grandir et qui m’a tout donné. Satisfait d’être en face de gens que je connais et me connaissent à l’image de Abou Thiam, journaliste de Pété Fm avec qui je communique de temps à autre sans que l’on ait jamais eu l’occasion de nous voir, si ce n’est aujourd’hui.

A l’occasion de ce Festival Culturel de Bababé animé par Baba Maal avec qui j’ai l’insigne honneur de me retrouver pour la première fois dans ma ville natale. Un ami dont j’ai fait la connaissance depuis longtemps et avec qui j’ai travaillé de longues dates. Concernant les journées culturelles proprement dites, elles se sont bien déroulées et elles ont été l’occasion pour de nombreux artistes de se retrouver et de communier dans la diversité et la grande joie à Bababé qui reste une localité culturelle et historique. Sans aucun doute, moi Mama Dem et les jeunes musiciens avec qui je travaille, dès que je rentre de Paris, ils abattent un job extraordinaire et qui est très fructueux pour les intérêts de la communauté Pular. De ce fait, je peux dire, Monsieur Diop que je suis très content.

Le Terroir : l’organisation du Festival proprement parlé, qu’en pensez-vous ?

Mamadou Dem : Tout d’abord, je suis très content pour les jeunes de Bababé de leur initiative d’organiser cette manifestation culturelle pour leur localité et le choix porté sur un artiste de renommée internationale, Baba Maal pour les animer. Une star planétaire, dirai-je, celui qu’on ne présente plus qui accepte de venir ici à Bababé. Des journées qui sont devenues une manifestation de solidarité, de communion qui a été l’occasion pour de nombreuses personnes de se revoir.

Comme ces immigrés qui ont été absents de longues dates et ça a été une opportunité de revisiter le terroir et s’enquérir de ses problèmes et du niveau de développement local. Une manifestation qui se présente devant moi comme si, c’est mes boulettes de pattes de farine qui sont versées dans mon lait. Je peux le consommer comme je veux. Traduction en français de l’expression Pulaar « Koddam Ndouffi E Kosamam » ; « Somi Wélaama Mi Dioulla Somi Wélaama mi Wooba ».

Le Terroir : vous êtes à l’extérieur, dites nous ce que vous avez réalisé concrètement dans le domaine de l’art ?

Mamadou Dem : une très bonne question. J’ai quitté le pays depuis une vingtaine d’années. Et je reviens presque chaque année au pays. A force de rester à l’extérieur, la personne devient étrangère dans son propre pays. Dieu nous a offert la possibilité d’introniser des chefs coutumiers à l’étranger, on a réalisé des clips, des concerts extraordinaires, tissé un vaste réseau de relations avec de grandes associations basées en Europe.

Maintenant aussi, nous sommes sur un projet, en plus de l’album « Tiwawone » mis sur le marché depuis plus d’une décennie et Abou Thiam, connait bien ce morceau car il l’utilise toujours quand il anime ses émissions. Un morceau qui m’a fait connaître auprès du public, grâce aussi à nos journalistes Mauritaniens et Sénégalais qui ont contribué à sa promotion en 2006. Promotion qui reste l’œuvre d’oscar des vacances animé par Aziz Samb à la RTS. Nous avons aussi mis sur la scène musicale un single intitulé « Débbo » qui signifie « femme » en français qui circule et qui est très écouté avec son clip. Un album aussi qui va voir le jour bientôt au début du mois de janvier 2019, inchallah. C’est là où l’on en est sur l’évolution de la production musicale de Looyty Groupe.

Propos recueillis par
Daouda AK DIOP

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