Au Mozambique, le fils de l’ex-président arrêté dans le cadre de l’affaire de la « dette cachée »

Au Mozambique, le fils de l’ex-président arrêté dans le cadre de l’affaire de la « dette cachée »

Révélé en 2016, le scandale porte sur des emprunts contractés par le gouvernement de Maputo pour acheter des bateaux de pêche et militaires.

Le Monde avec AFP 

Des bâteaux de pêche flambant neufs dans le port de Maputo, au Mozambique, en mai 2016.
Des bâteaux de pêche flambant neufs dans le port de Maputo, au Mozambique, en mai 2016. Grant Neuenburg / REUTERS

Le fils de l’ancien président du Mozambique, Armando Guebuza, a été arrêté samedi 16 février dans le cadre de l’enquête sur un réseau de corruption ayant profité de deux milliards de dollars (1,7 milliard d’euros) dans l’affaire dite de la « dette cachée », a-t-on appris de sources judiciaires et dans les médias. Ndabi Guebuza, aîné des quatre enfants de l’ex-chef de l’Etat, a été interpellé à son domicile dans la capitale Maputo. « C’est l’une des huit personnes arrêtées sur ordre du procureur général », a indiqué à l’AFP une source judiciaire sous couvert de l’anonymat.

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D’après la chaîne de télévision indépendante STV, il est soupçonné d’avoir eu un rôle dans ce scandale qui a plongé le pays dans la pire crise financière de son histoire. Les sept autres suspects arrêtés au cours de la semaine sont des hommes d’affaires et des membres du renseignement.

Pots-de-vin et dessous-de-table

L’affaire avait été révélée en 2016, un an après la fin des dix ans de présidence de M. Guebuza. Elle porte sur des emprunts de deux milliards de dollars pour acheter des bateaux de pêche et de surveillance, somme énorme dissimulée au Parlement et aux bailleurs de fonds internationaux. Un audit a montré qu’un quart de ce total a été détourné et est impossible à retrouver. Le scandale avait poussé les donateurs de ce pays parmi les plus pauvres du monde à geler tout versement.

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D’après les Etats-Unis, au moins 200 millions de dollars de ces emprunts se sont envolés en pots-de-vin et dessous-de-table, dont 12 millions rien que pour l’ancien ministre des finances Manuel Chang, soupçonné d’avoir signé les contrats des emprunts.

Ce dernier a été arrêté à l’aéroport de Johannesburg, en Afrique du Sud, le 29 décembre 2018 sur demande des Etats-Unis, qui demandent son extradition pour des prêts frauduleux à des entreprises publiques du Mozambique. Il est incarcéré depuis. Un homme d’affaires, Ndambi Guebuza, aurait quant à lui reçu 9,7 millions de dollars de pots-de-vin, selon les enquêteurs américains.

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