Au Fespaco, un film rwandais décroche l’Étalon d’or de Yennenga

Par Valérie Bony, envoyée spéciale de BBC Afrique à Ouagadougou
Joël Karekezi a reçu l'Étalon d'or de Yennenga des mains des présidents du Burkina Faso (à gauche) et du Rwanda.Copyright de l’imageAFP/GETTY IMAGES
Image captionKarekezi a reçu l’Étalon d’or de Yennenga des mains des présidents du Burkina Faso (à gauche) et du Rwanda.

Pour la première fois, le Rwanda obtient la plus haute distinction du Festival panafricain du film et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco).

L’Étalon d’or de Yennenga, la récompense du meilleur long métrage de fiction, a été décerné samedi au réalisateur rwandais Joël Karekezi pour son film « The Mercy of the Jungle » ou « La miséricorde de la jungle ».

« C’était un grand rêve pour moi, pour toute mon équipe. Nous devons continuer à réaliser nos rêves, pour revenir au Fespaco avec un autre film », a réagi Karekezi à la fin du festival.

Son long métrage sorti en 2018 met en scène deux soldats de l’armée régulière de la République démocratique du Congo. Il montre l’amitié entre les deux soldats, l’absurdité de la guerre et le lourd tribut payé les populations, avec de magnifiques images de la forêt tropicale.

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Joël Karekezi était visiblement ému de recevoir son trophée en présence du président rwandais, Paul Kagame.

Ce dernier a pris part à la cérémonie de remise des prix, aux côtés des chefs d’Etat du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, et du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta. Le Rwanda était le pays invité d’honneur du festival.

Joël Karekezi, qui prenait part au Fespaco pour la première fois, est un orphelin du génocide » rwandais de 1994. Il a grandi dans des camps de réfugiés et s’est formé seul au cinéma.

Karekezi est également auteur du court métrage « The Pardon », consacré à la réconciliation entre Tutsis et Hutus après le génocide rwandais. Ce film a remporté le prix Golden Impala du Festival du film d’Amakula, en Ouganda.

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« The Mercy of the Jungle » remporte également le prix du meilleur interprète masculin, décerné à Marc Zinga pour son rôle du sergent Xavier.

L’Étalon d’argent a récompensé le film « Karma », de l’Egyptien Khaled Youssef. Et l’Étalon de bronze a été décerné au Tunisien Mahmoud Ben Mahmoud pour le film « Fatwa ».

Enfin, le prix de la meilleure interprétation féminine récompense Samantha Mugotsia pour son rôle dans « Rafiki », un film de la Kényane Wanuri Kahui. Cette production cinématographique censurée au Kenya raconte une histoire d’amour entre deux femmes.

La 26e édition du Fespaco, qui marquait le 50e anniversaire de ce festival, le plus grand d’Afrique, a été marquée par de nombreux témoignages sur le harcèlement subi par les femmes dans le milieu du cinéma. Le hashtag #memepaspeur a été créé pour encourager les femmes victimes de harcèlement à raconter comment elles l’ont vécu.

Ecoutez Valérie Bony, notre envoyée spéciale à Ouagadougou :

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