Au Sahel, la Guarde civile espagnole clone la stratégie contre l’ETA

Au Sahel, la Guarde civile espagnole clone la stratégie contre l’ETA

EURACTIV France – Grâce à un projet financé par l’Union européenne, la Mauritanie est le premier pays qui possède une unité opérationnelle « clone » de celle qui, en Espagne a lutté contre le groupe terroriste ETA. Une unité formée par la Garde civile espagnole. Un article d’Euroefe.

Au total, six pays du Sahel – la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Tchad et le Sénégal – ont ou auront leur propre élite policière grâce au projet GAR SI-SAHEL, financé par l’UE à hauteur de 41,6 millions d’euros.

GAR est l’acronyme du Groupe d’action rapide de la Garde civile espagnole, l’unité qui a lutté en France et en Espagne contre le groupe terroriste ETA. Selon l’agence EFE, la Garde civile, force de police espagnole à statut militaire, a formé et forme encore 786 agents répartis de la manière suivante : 130 en Mauritanie, 120 au Mali, 150 au Burkina Faso, 128 au Niger, 128, au Tchad et 130 au Sénégal.

Les corps militaires français (Gendarmerie nationale), italien (Arma dei Carabinieri) et portugais (Guardia nacional republicana) participent également au programme.

Chacun des pays d’Afrique concerné fait face à des problématiques spécifiques, mais la formation de ces unités se concentre surtout sur la lutte contre le terrorisme, le crime organisé, le narcotrafic et le trafic d’êtres humains. Des agents sont aussi formés pour des fonctions dans la police judiciaire et d’autres dans l’assistance sanitaire.

Un projet approuvé par l’UE en 2016

Le projet a été approuvé par l’UE en juin 2016 et mené par l’Espagne, qui avait 46 mois pour le mettre en place.

Pour parvenir à ce clone du GAR espagnol, une analyse stratégique de la Mauritanie et de ses principales menaces a été réalisée, pour ensuite effectuer une sélection d’agents. Ainsi, 36 agents ont été formés durant deux mois au siège du GAR à Logroño et un mois en Mauritanie, où le reste de l’unité a été formé puis déployée dans des cellules spécialisées.

ette semaine, le directeur général de la Guardia Civil, Félix Azón, s’est rendu en Mauritanie pour voir de ses propres yeux le travail réalisé dans ce pays : 162 000 kilomètre parcourus, près de 4 000 personnes identifiées, 1 400 véhicules interceptés, 31 armes saisies et plusieurs tonnes de drogues contrôlées.

Avec ces résultats, la Mauritanie mise déjà sur une seconde unité, ce qu’elle mettra en avant le 22 mars à Bruxelles lors d’une réunion de suivi de projet.

Le programme comprend par ailleurs une formation aux drones et un entrainement avec des chiens entrainés par la Garde civile, spécialisés dans la détection d’explosifs ou de drogues.

Une fois formée à l’utilisation et à la maintenance du matériel, l’unité mauritanienne a commencé à travailler sur le terrain, soutenue par des experts du projet. Les unités sénégalaise et nigérienne en sont encore à la phase d’« apprentissage ».

Celle du Burkina Faso en est à la phase d’évaluation, de formation et de remise du matériel, tout comme celle du Mali. Quant à l’unité tchadienne, elle est plus en retard et commencera à se former en Espagne le 18 mars.

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