Emmanuel Macron convoque un sommet du G5 Sahel à Pau

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Des commandos de la 27e BIM, la brigade d’infanterie de montagne, dont six membres ont été tués au Mali le 25 novembre dernier, en mission dans la région de Gao à bord d’un hélicoptère Caiman en juin 2019.
Des commandos de la 27e BIM, la brigade d’infanterie de montagne, dont six membres ont été tués au Mali le 25 novembre dernier, en mission dans la région de Gao à bord d’un hélicoptère Caiman en juin 2019. Frédéric Pétry/Frédéric Pétry

Envoyé spécial à Pau

L’idée de Pau pour réunir, lundi, un sommet sur le Sahel, avec les cinq chefs d’État de la région autour du président français, ne doit évidemment rien au hasard. Emmanuel Macron a choisi cette ville car elle accueille le 5e régiment d’hélicoptères de combat d’où venaient sept des treize soldats morts au Mali le 25 novembre.

Cet accident lors d’un combat, qui a entraîné les plus lourdes pertes jamais enregistrées par l’armée française au Sahel depuis 2013, semble avoir décidé l’Élysée à mettre sur pied cette réunion. Ces morts sont apparues comme celles de trop au moment même où la présence des troupes françaises au Sahel est de plus en plus critiquée. «Nous devons à très court terme reclarifier le cadre et les conditions politiques de notre intervention au Sahel. Je ne peux ni ne veux avoir des soldats français au Sahel alors que l’ambiguïté perdure à l’égard des mouvements antifrançais», a expliqué le président français en annonçant, le 4 décembre la tenue du sommet douze jours plus tard. Et Emmanuel Macron laissait entendre que, dans le cas contraire, il pourrait retirer les troupes.

Reste que l’annonce abrupte de cette réunion est mal passée en Afrique. «En convoquant aussi vertement les chefs d’État et les sommant d’expliquer leur position sur la présence de la force «Barkhane», c’est l’image d’une France arrogante qui a été projetée. Un sommet n’est pas de trop mais c’est au Sahel qu’il faut l’organiser», critique, sur les réseaux sociaux, le général à la retraite Bruno Clément-Bollée. Plusieurs présidents rechignent dans un premier temps, notamment le tchadien Idriss Déby, pourtant très proche de la France, qui fait savoir qu’il est «empêché». Finalement, la mort de 71 soldats nigériens dans une attaque djihadiste le 10 décembre entraînera le report du sommet au 16 janvier et permettra de calmer un peu les esprits.

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