Les Philippines en état d’alerte après le réveil du volcan Taal

Depuis dimanche, la capitale Manille est à l’arrêt et des dizaines de vols internationaux ont été annulées de crainte d’une éruption «explosive».

Par Victoire Changarnier
Un jeune vivant au pied du Taal, à Tanauan dans la province du Batangas au sud de Manille, navigue pendant que le volcan crache des fumées de cendres.
Un jeune vivant au pied du Taal, à Tanauan dans la province du Batangas au sud de Manille, navigue pendant que le volcan crache des fumées de cendres.

Il n’était pas entré en éruption depuis 1977. Mais depuis dimanche, les Philippines sont en alerte à cause du volcan Taal, qui s’est réveillé dimanche en déversant un nuage de cendres et de petites roches, changeant la nature de l’éruption devenue plus dangereuse. Des fontaines de laves de plus de 750 m ont été aperçues dans la matinée de lundi entre 2h49 et 4h28. Se mêlant aux feux, des éclairs ont pu être observés de façon épisodique au-dessus du volcan.

Selon les géologues, le volcan reste actif, crachant de la lave incandescente à quelque 500 m de hauteur depuis de nouvelles fissures qui se sont ouvertes sur son flanc nord, accompagnées de secousses sismiques. L’Institut philippin de volcanologie et séismologie (Phivolcs) a augmenté le niveau de l’alerte de 3 à 4 sur un maximum de 5. Le risque d’une éruption explosive a été annoncé dans les prochaines heures ou les prochains jours.

D’après le Phivolcs, l’activité sismique du volcan pourrait durer 3 jours, comme 7 mois. Taal, qui se situe sur «la ceinture de feu», une zone systémique majeure au bord de l’Océan Pacifique, n’était pas rentré en éruption depuis 43 ans, mais des activités volcaniques avaient été enregistrées en 2011, 2012 et 2014. Les autorités ont aussi prévenu d’un possible «tsunami volcanique», qui pourrait être provoqué par la chute des débris dans la mer.

Paralysie

Taal est le plus petit volcan au monde, mais 34 éruptions volcaniques ont été enregistrées en 450 ans. Il est situé au milieu d’un lac à 65 km de Manille, capitale des Philippines.

L’éruption a commencé dimanche par une explosion de vapeur d’eau sous pression et de roche, avec une colonne de 15 km de haut déversant une pluie de cendres jusqu’à Manille. 8000 personnes ont été évacuées, et un périmètre de sécurité de 14 km, ou 450 000 personnes vivraient, a été installé autour du Taal. «Nous avons vraiment peur de ce qui peut nous arriver (…), que notre maison puisse s’effondrer dans un gros séisme et d’être tous tués», a confié à l’AFP Bienvenido Musa, un habitant de la zone âgé de 56 ans. Selon un responsable local, au moins 20 000 personnes se sont réfugiées dans des centres d’évacuation.

Les autorités ont par ailleurs alerté des risques d’irritation et de problèmes respiratoires que ces fines particules pourraient provoquer. Les paysages sont noyés sous cette neige de cendre jusqu’à Manille si bien que le port d’un masque facial est préconisé. Certaines boutiques de Manille sont déjà en rupture de stock.

Le pays est à l’arrêt. L’aéroport international Ninoy Aquino de Manille a été fermé dimanche à cause du risque d’obstruction des aéronefs par les cendres, provoquant l’annulation de 240 vols. Son activité a repris lundi entre 10h et 12h, mais il a dû refermer, les dépôts de cendres ayant rendu la piste impraticable. Les écoles de la capitale sont également restées portes closes, de même que la bourse. Même le gouvernement a annoncé la suspension de son travail à Manille.

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