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Procès Weinstein: la défense demande l’acquittement même si «c’est impopulaire»

Procès Weinstein: la défense demande l’acquittement même si «c’est impopulaire»
Harvey Weinstein et son avocat Donna Rotunno après avoir fait une déclaration à la presse alors qu'il quitte le tribunal correctionnel de New York lors de son procès pour agression sexuelle en cours à New York, le 13 février 2020.
Harvey Weinstein et son avocat Donna Rotunno après avoir fait une déclaration à la presse alors qu’il quitte le tribunal correctionnel de New York lors de son procès pour agression sexuelle en cours à New York, le 13 février 2020. Carlo Allegri/Reuters

À New York, le procès de l’ancien magnat d’Hollywood, Harvey Weinstein, touche à sa fin, après 16 jours d’audience. Il a été raccourci, car de nombreuses personnes assignées par la défense ont refusé de venir témoigner. Harvey Weinstein semblait vouloir lui-même parler, puis s’est rétracté, convaincu par ses avocats qu’il valait mieux se taire. Jeudi 13 février, son avocate a présenté ses derniers arguments.

Jeudi 13 février, le tribunal de Manhattan a eu droit à une longue plaidoirie finale signée Donna Rotunno. La redoutable et principale avocate de Harvey Weinstein a tout fait pour planter dans l’esprit des douze jurés l’idée que, malgré ce qu’ils avaient entendu, il subsistait un « doute raisonnable » pour pouvoir accuser son client, rapporte notre correspondante à New YorkCarrie Nooten.

Ce dernier, accusé de viols et d’agressions sexuelles par plus de 80 femmes depuis octobre 2017 et l’émergence du mouvement #MeToo, est jugé à New York pour deux agressions présumées : un viol sur l’actrice Jessica Mann en 2013 et un cunnilingus forcé sur l’ex-assistante de production Mimi Haleyi en 2006. Durant le procès, quatre autres accusatrices ont pu apporter leur témoignage caractérisant Harvey Weinstein comme un prédateur.

Rotunno s’en prend aux récits des deux victimes présumées

Armée de diapositives pour mieux convaincre, l’avocate Donna Rotunno a d’abord rappelé aux jurés, non sans pression, les règles. Gardant en tête que les sept hommes et cinq femmes qui jugeront son client ont suivi les révélations de plus de 80 femmes dans la presse, elle leur rappelle que ce sont les prévenus impopulaires qui ont besoin des jurys les plus justes.

Peinture représentant l'avocate Donna Rotunno en pleine plaidoirie en faveur de son client, Harveyt Weinstein, le 13 février 2020.
Peinture représentant l’avocate Donna Rotunno en pleine plaidoirie en faveur de son client, Harveyt Weinstein, le 13 février 2020. Jane Rosenberg/Reuters

Pendant près de quatre heures et demie, Donna Rotunno a raconté sa version, dans laquelle les jeunes femmes « utilisaient » l’ancien magnat d’Hollywood pour obtenir des voyages, des invitations VIP ou des auditions. Pour détruire les accusations de Mimi Haleyi, l’avocate a traqué les incohérences de calendrier, les présentant comme mensonges. Enfin, elle a fustigé le témoignage de Jessica Mann, qui a vécu une relation torturée avec Harvey Weinstein. Celle-ci avait fait des révélations-chocs et émouvantes, mais son récit a été contredit plusieurs fois à la barre.

Au tour de la procureure de répondre face aux jurés

« Harvey Weinstein était innocent quand il a franchi cette porte. Il était innocent quand les témoins ont commencé à déposer. Et il est innocent, assis devant vous maintenant. (…) Vous êtes appelés à prendre une décision impopulaire. (…) Ne laissez jamais vos émotions brouiller votre réflexion. Utilisez votre bon sens new-yorkais, il vous mènera à la bonne réponse », a martelé Donna Rotunno face aux jurés. La défense demande l’acquittement pur et simple de l’ex-producteur.

Vendredi 14 février, c’est au tour de la procureure, Joan Illuzzi-Orbon, de convaincre les jurés. Le début des délibérations est prévu à partir de mardi 18 février.