mer. Mar 3rd, 2021

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Jean Castex dévoile la feuille de route de son gouvernement
 Discours de politique générale du Premier ministre Jean Castex à l'Assemblée le mercredi 15 juillet.
Discours de politique générale du Premier ministre Jean Castex à l’Assemblée le mercredi 15 juillet. REUTERS/Gonzalo Fuentes
Texte par :RFI
5 min

Jean Castex a annoncé mercredi dans sa déclaration de politique générale ses mesures afin de « ressouder » la France ébranlée par la crise du coronavirus, en érigeant la « lutte contre le chômage » en priorité « absolue » de la fin du quinquennat et en insistant sur le rôle des territoires.

Face aux députés pour son grand oral 12 jours après sa prise de fonction, le Premier ministre a affirmé que sa « première ambition, immense » sera de « réconcilier ces France si différentes, les souder ou les ressouder ». Dans cette perspective, il a développé les lignes de force des deux dernières années du quinquennat: emploi, efficacité de l’action publique, souveraineté économique, transition écologique, protection sociale…

À la tribune, il a apposé sa patte en insistant sur la place des « territoires » (un mot répété 25 fois) dans la mise en oeuvre des grands axes de sa politique: emploi, efficacité de l’action publique, souveraineté économique, transition écologique, protection sociale…

► Emploi

Dans un contexte très dégradé, « la lutte contre le chômage et la préservation de l’emploi » seront « la priorité absolue des 18 prochains mois », a-t-il assuré en précisant des mesures évoquées la veille par le président Emmanuel Macron.

 « La première urgence » sera les jeunes, « les premiers touchés par la crise », et un plan jeunesse « sera discuté vendredi avec les partenaires sociaux ». L’État y aidera « avec un dispositif exceptionnel de réduction du coût du travail, à hauteur de 4 000 euros par an, pour les jeunes de moins de 25 ans, jusqu’à 1,6 Smic, dans toutes les entreprises et pour une durée d’au moins un an ».

► Relance de l’économie et croissance verte

Jean Castex a esquissé les contours du plan de relance de 100 milliards d’euros, prévu pour la rentrée, qui misera sur la « reconquête économique » et les territoires. Environ 40 milliards d’euros seront fléchés vers l’industrie, a-t-il indiqué, arguant que la France avait atteint « un niveau de dépendance qui n’est pas raisonnable ». Vingt milliards seront consacrés à la rénovation thermique des bâtiments et les technologies vertes. Et le plan de relance portera « un plan vélo très ambitieux », a-t-il promis, en plaidant pour « une croissance écologique » face à la « décroissance verte ». Le Premier ministre a par ailleurs souhaité que les travaux de rénovation urbaine soient lancés dans 300 des 450 quartiers retenus « d’ici la fin 2021 ».

► Santé

Six milliards seront investis dans le système de santé, a annoncé Castex, venant s’ajouter aux 13 milliards d’euros de reprise de la dette hospitalière d’ores et déjà prévu par le gouvernement. « Notre système de santé a été rudement mis à l’épreuve au cours de la crise (due au Covid-19) et justifie aujourd’hui » cet « investissement inédit », a estimé le chef du gouvernement.

► Retraites

Jean Castex a jugé « nécessaire » de mettre en oeuvre la réforme des retraites universelle par points voulue par Emmanuel Macron, mais en la distinguant « très clairement de toute mesure financière, appelée parfois paramétrique ». « En matière de retraites, la crise nous invite plus que jamais à poursuivre nos objectifs vers un système plus juste et plus équitable (…) passant par la création d’un régime universel », a déclaré le chef du gouvernement dans son discours de politique générale.  « Cela implique clairement la disparition à terme des régimes spéciaux tout en prenant pleinement en considération la situation des bénéficiaires actuels de ces régimes », a-t-il poursuivi.

► Laïcité

« Lutter contre l’islamisme radical sous toutes ses formes est et demeure l’une de nos préoccupations majeures », a déclaré Jean Castex, ajoutant que « la République, c’est la laïcité comme valeur cardinale, comme fer de lance de la cohésion de la société. Aucune religion, aucun courant de pensée, aucun groupe constitué ne peut s’approprier l’espace public et s’en prendre aux lois de la République ».

► Confiance dans les territoires

La « confiance dans les territoires suppose que le droit à la différenciation soit consacré dans une loi organique » et passe « par une nouvelle étape de la décentralisation », ainsi que par « une évolution profonde de l’organisation interne de l’État ». Toutes les créations d’emploi de fonctionnaires se feront dans les services départementaux de l’État et non les administrations centrales.

► Sécurité des Français

Le Premier ministre veut créer à partir de 2021 « dans les territoires des juges de proximité » dont la mission sera de réprimer « les incivilités du quotidien ». « Dans beaucoup de territoires, la petite délinquance, les petites incivilités, le tag, l’insulte, le petit trafic (…) se sont développés au point de gâcher la vie quotidienne des gens. Ils se sont développés car, faute de réponse judiciaire, une forme d’impunité s’est installée »,a justifié le Premier ministre.

Selon Jean Castex, l’État va apporter une réponse « ferme et sans complaisance » aux « minorités ultra violentes », qui « viennent systématiquement ternir les manifestations », et à « la banalisation de la délinquance du quotidien ».

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« Les violences commises dans les quartiers des Grésilles et de Chenôve à Dijon, l’attaque ignoble contre un chauffeur de bus à Bayonne, les guet-apens tendus aux représentants des forces de l’ordre et à nos pompiers dans certains quartiers, les trafics en bas des cages d’escaliers, la banalisation de la délinquance du quotidien sont autant de faits inacceptables qui exaspèrent les Français. Ils appellent une réponse de l’État ferme et sans complaisance », a déclaré Jean Castex devant les députés.

► Allocation de rentrée scolaire, plan pauvreté, étudiants boursiers

« L’allocation de rentrée scolaire sera revalorisée de façon exceptionnelle » de 100 euros dès septembre.

« Le plan pauvreté lancé par le précédent gouvernement sera poursuivi et amplifié en fonction de l’évolution de la conjoncture ».

Les étudiants boursiers paieront leur repas 1 euro dans les restaurants universitaires dès la prochaine rentrée, contre 3,30 euros actuellement.