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Afghanistan : Le nouveau gouvernement taliban ne convainc pas du tout les Occidentaux

PAS DE BLANC-SEING Les Etats-Unis et l’UE regrettent la présence exclusive de talibans dans ce gouvernement encore incomplet. La Chine a par contre salué la mise sur pied d’un exécutif
20 Minutes avec AFP
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Des talibans réprimant des manifestations, à Kaboul le 8 septembre 2021.
Des talibans réprimant des manifestations, à Kaboul le 8 septembre 2021. — MARCUS YAM/LOS ANGELES TIMES/Shu

L’accueil fait par les Occidentaux au nouvel exécutif en Afghanistan est sans surprise. Mercredi, ils ont réagi négativement à la composition du gouvernement intérimaire, qui comprend la vieille garde talibane mais aucune femme, et tranche avec les promesses d’ouverture du régime.

De retour au pouvoir, les talibans devront « gagner » leur légitimité auprès de la communauté internationale, a ainsi estimé le secrétaire d’État américain Antony Blinken. Le nouveau gouvernement présenté mardi n’est ni « inclusif » ni « représentatif » de la diversité ethnique et religieuse de l’Afghanistan, a aussi déploré l’ UE. La Chine, l’un des rares pays à maintenir son ambassade ouverte à Kaboul, a par contre salué la mise sur pied d’un exécutif qui met fin « à plus de trois semaines d’anarchie ».

Les Pachtounes majoritaires

Dans ce gouvernement dirigé par Mohammad Hassan Akhund, un ancien proche collaborateur du fondateur du mouvement, le mollah Omar, figurent plusieurs personnalités déjà très influentes quand les islamistes avaient imposé un régime fondamentaliste entre 1996 et 2001. Tous les membres sont des talibans et presque tous appartiennent à l’ethnie pachtoune.

Surtout, plusieurs des nouveaux ministres figurent sur des listes de sanction de l’ONU et quatre sont passés par la prison américaine de Guantanamo. Le portefeuille de l’Intérieur revient par exemple à Sirajuddin Haqqani, dirigeant du réseau éponyme, qualifié de terroriste par Washington et historiquement proche d’Al-Qaïda.

La France déçue

En annonçant ce gouvernement, le porte-parole taliban, Zabihullah Mujahid, a affirmé qu’il n’était « pas complet » et que le mouvement essaierait d’inclure par la suite « des gens venant d’autres régions du pays ». L’UE a rappelé qu’avoir un gouvernement « inclusif et représentatif » était « l’une des cinq conditions posées » en vue d’une éventuelle reconnaissance diplomatique. La France a aussi déploré que « les actes ne suivent pas les paroles ».

Lors d’une conférence de presse organisée sur la base américaine de Ramstein en Allemagne après une réunion virtuelle des ministres de 20 pays pour coordonner la réponse face aux talibans, le chef de la diplomatie américaine a lui relevé que le gouvernement intérimaire « se compos (ait) exclusivement de membres des talibans ou de leurs proches collaborateurs » et s’est dit préoccupé « par les affiliations et les antécédents de certains de ces individus ».

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Le retour du ministère pour la Promotion de la vertu et la Répression du vice, qui faisait régner la terreur dans les années 1990, suscite aussi des inquiétudes dans la population. Plusieurs manifestations contre le nouveau régime, rassemblant une majorité de femmes, ont d’ailleurs eu lieu dans de grandes villes, et ont été dispersées par des coups de feu mardi à Kaboul. Le même jour, les manifestations ont pris un tour mortel à Hérat, où deux personnes ont été tuées et huit blessées par balle mardi, selon un médecin local. La situation est restée plutôt calme mercred