mar. Sep 28th, 2021

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 Au Sénégal et en Mauritanie, l’impact de l’exploitation du pétrole sur la pêche inquiète

Au Sénégal et en Mauritanie, l’impact de l’exploitation du pétrole sur la pêche inquièteCAPE CFFA – Dans une entrevue récente, Bayaty Babou, Adjoint au maire de Mbour (Sénégal), a partagé ses inquiétudes par rapport à l’exploitation pétrolière au large des côtes sénégalaises, notamment celle de la compagnie Woodside, à Sangomar , située à 100 km au Sud de Dakar.

Mr. Babou craint que cette production débouche dans la réduction des activités de pêche à Mbour. « Toute l’économie démarre par la pêche. Lorsqu’il y a beaucoup de poissons, la ville bouge. Les chauffeurs de taxi, les restaurants, les vendeurs de légumes, les vendeurs d’habits au marché, le ciment, la construction, tout bouge ».

Questionné sur l’impact environnemental de l’exploitation du champ pétrolier Sangomar au large des côtes, Bayati Babou est inquiet :

« Nous ne savons pas. En tant que technicien, je sais que c’est un danger pour la pêche car là où les puits de pétrole se trouvent, c’est là où les poissons se reproduisent et c’est là où les pêcheurs vont chercher du poisson ».

Il affirme que ces puits vont provoquer des problèmes environnementaux : « Le pétrole va polluer la zone et les poissons vont fuir. Ce sera comme la baie de Hann où personne ne pêche plus à cause de la pollution ». Cette baie, située près de la zone industrielle de Dakar, est considérée comme l’une des plages les plus polluées du monde.

Si les pêcheurs ne peuvent plus pêcher, Mr. Babou s’inquiète qu’ils se tournent vers le transport de drogue ou encore l’immigration clandestine vers l’Europe. En effet, « ces temps-ci, il y a une recrudescence des pêcheurs qui vont clandestinement en Espagne ».

En Mauritanie, le projet de BP ‘Grand Tortue Ahmeyim’ (GTA) avait déjà suscité des critiques par rapport, notamment, au manque de consultation des parties prenantes dans son étude d’évaluation d’impacts préalable à la mise en exploitation. Aujourd’hui, Unearthed, une plateforme financée par Greenpeace, estime que les plans de BP pour GTA pourraient consommer 1% du budget carbone mondial d’ici 2100, et endommager l’écosystème de récifs coralliens d’eau froide vieux de 200 000 ans, qui abrite de nombreuses espèces de poissons.

Les pêcheurs artisanaux mauritaniens craignent eux le déversement de condensat toxique, un sous-produit du gaz naturel qui se condense en liquide après avoir été extrait du puits. Bien que BP affirme que ses plans d’urgence seraient activés en cas de problème, les scientifiques ont alerté qu’un déversement de condensat à la suite de l’éruption d’un puits pourrait affecter les zones maritimes de huit ou neuf pays de la région.

CAPE CFFA