Le Colonel Emmanuel Zoungrana, appréhendé pour une présumée tentative de coup d’Etat, avait des supposés complices. Ainsi considérés comme ses acolytes, 8 militaires ont été arrêtés.

Par Malick GAYE – Dans sa présumée tentative de «déstabilisation» en fomentant  un coup d’Etat militaire contre le gouvernement de Roch Marc Christian Kaboré, le Colonel Emmanuel Zoungrana, chef de corps du 12ème Ré­giment d’infanterie commando et Commandant du secteur ouest du groupement des forces de sécurisation du Nord, arrêté le 10 janvier, avait des complices présumés. Si pour le mo­ment, les noms de ses alliés sont méconnus, le Parquet militaire a annoncé l’arrestation de huit soldats, soupçonnés de «déstabilisation des institutions de la République». Dans un communiqué, le Procureur militaire a annoncé l’ouverture d’une enquête par la police judiciaire militaire, le 8 janvier. Les suspects ont d’ores et déjà été interrogés.
Le Parquet militaire affirme dans un communiqué, avoir été saisi samedi, d’une «allégation de projet de déstabilisation des institutions de la République que projetait un groupe de militaires», sur dénonciation d’un «membre de la bande».  Une enquête a été ouverte et «huit militaires ont été interpellés» et sont interrogés, selon le communiqué.
Selon des sources sécuritaires, le Lieutenant-colonel Em­manuel Zoungrana fait partie des officiers arrêtés. Chef de corps du 12e régiment d’infanterie commando, il était jusqu’à présent Commandant du groupement des forces du secteur ouest, engagées dans la lutte antiterroriste dans ce pays régulièrement endeuillé par des attaques djihadistes.

Violence djihadiste
Selon une des sources sécuritaires interrogées, «des soupçons de complot en vue d’une déstabilisation (du pouvoir) avec des ramifications à l’étranger», pesaient sur lui et sur plusieurs militaires, depuis les manifestations du 27 novembre dernier.
Ce jour-là, des centaines de Burkinabè étaient descendus dans la rue pour dénoncer «l’in­capacité» du pouvoir à endiguer la violence djihadiste. Des violences avaient éclaté entre ma­nifestants et Forces de l’ordre, faisant une dizaine de blessés.
Comme ses voisins malien et nigérien, le Burkina Faso est pris depuis 2015, dans une spirale de violences attribuées à des groupes armés djihadistes, affiliés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique, qui ont fait au moins 2000 morts et 1,4 million de déplacés.

Ras-le-bol
Le ras-le-bol de la population a été exacerbé par l’attaque particulièrement meurtrière d’Ina­ta (Nord) le 14 novembre, où au moins 57 personnes, dont 53 gendarmes, ont été tuées par des djihadistes armés.
Deux semaines avant cette attaque, les gendarmes d’Inata avaient alerté l’Etat-major sur leur situation précaire, disant manquer de nourriture et s’alimenter grâce au braconnage.
Mi-décembre, un nouveau gou­­vernement a été nommé au Bur­kina Faso, avec à sa tête un ancien fonctionnaire onusien, Las­sina Zerbo, qui avait appelé à la «cohésion» face au terrorisme.
mgaye@lequotidien.sn