La mouvance présidentielle aura sa majorité à l’Assemblée nationale. Pape Diop, qui faisait l’objet de toutes les convoitises, a décidé de rallier Benno bokk yaakaar, pour éviter «le blocage  du pays». 

Par Malick GAYE – «J’ai pris, en toute responsabilité et après mûre réflexion, la décision de me joindre au groupe parlementaire qui sera mis sur pied par la coalition présidentielle, Benno bokk yaakaar.» Pape Diop, tête de liste et seul élu de la Coalition Bokk gis gis liggey, vient ainsi d’assurer la majorité à l’Assemblée nationale, à la mouvance présidentielle. L’ancien président de l’Hémicycle sous Wade, qui n’a jamais caché son intention de travailler avec Macky Sall, motive sa décision par ces mots : «La lecture qu’il convient d’avoir de ces résultats est qu’aucune majorité claire ne se dégage. Il s’agit là d’une situation inédite qui appelle de la part des acteurs politiques que nous sommes, une attitude très responsable. Il nous faut en effet éviter que ce scénario que personne n’avait prévu ne débouche sur un blocage dans le fonctionnement de nos institutions.» Partant de ce constat, Pape Diop affirme que «vu la nature présidentialiste de notre système politique, une Assemblée nationale placée sous le contrôle de l’opposition débouchera forcément sur une crise institutionnelle grosse de tous les dangers. Faute de pouvoir s’appuyer sur une Assemblée dont la configuration n’entravera en rien son action, le président de la République sera amené à gouverner par ordonnance».

Pour l’ancien numéro 2 de l’Etat, gouverner par ordonnance serait «manifestement un recul préjudiciable à notre système démocratique (…) Le cas échéant, qu’on le veuille ou non, l’Assemblée nationale se transformera non pas en contre-pouvoir, mais plutôt en un goulot d’étranglement à l’action du président de la République et de son gouvernement. Face à cette sombre perspective qui pourrait donner lieu à une crise institutionnelle sans précédent, à toutes sortes de blocages et peut-être même à des tentatives de prise du pouvoir par des canaux non démocratiques, dans un contexte où notre pays est l’objet de toutes les convoitises avec la découverte de ressources pétrolières et gazières sur notre sol, j’ai pris, en toute responsabilité et après mûre réflexion, la décision de me joindre au groupe parlementaire qui sera mis sur pied par la coalition présidentielle Benno bokk yaakaar».

Cette décision prise «sans discussion aucune avec la coalition au pouvoir, et donc sans condition», veut «éviter à notre cher pays la situation que je viens de décrire».

Dans sa déclaration lue à la presse, il ajoutera : «Je pense qu’il était donc de mon devoir, en tant qu’acteur politique attaché à la bonne marche de notre Etat ainsi qu’au fonctionnement correct de nos institutions, de prendre une telle décision, après en avoir discuté avec mon parti et toutes les composantes de la Coalition Bokk gis gis liggey, qui l’ont approuvée. J’ai tenu à en informer solennellement les Sénégalais à travers cette déclaration et les invite à avoir une lecture lucide de cette situation sans précédent afin qu’elle ne débouche pas sur une crise institutionnelle que nous pourrions tous regretter.»
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