Le chef de l’Etat invite les experts en la matière à sortir des sentiers battus pour mieux expliquer aux Sénégalais, les tenants et aboutissants des contrats pétroliers et gaziers, lors des débats sur l’exploitation de nos ressources énergétiques. Macky Sall demande d’arrêter le débat «malsain» sur la gouvernance des ressources, alors qu’on n’a même pas extrait le moindre mm3 de gaz ou la moindre goutte de pétrole.

Par Khady SONKO et Dialigué FAYE – Au Sénégal, dès qu’on parle de gaz, toutes les langues se délient. Au-delà des commentaires tous azimuts, les experts autoproclamés en la matière sont de plus en plus nombreux. «Tout le monde pense que ça y est, c’est l’Eldorado, on est riches et on fait n’importe quoi. Ce n’est pas cela, il faut qu’on y aille de façon responsable. Pour cela, notre gouvernement, nos autorités ont une grande responsabilité dans le comportement, dans le suivi des projets et dans leur management», indique le chef de l’Etat. Macky Sall engage, à ce titre, les vrais experts à sortir des sentiers battus pour expliquer davantage les tenants et aboutissants des options stratégiques et des partenariats de l’Etat du Sénégal. C’est d’ailleurs, pour lui, une conséquence logique de notre adhésion, depuis 2013, à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie). Le chef de l’Etat insiste sur cet aspect et estime que le débat autour des ressources énergétiques doit rester serein, «un débat informé au lieu d’être parasité par des préjugés et jugements de valeur sans lien avec la réalité».
S’agissant du cas particulier du Sénégal, rappelle-t-il, le Conseil d’administration de l’Itie a conclu, en octobre 2021, que le pays a atteint le score très élevé de 93 points sur 100 dans la mise en œuvre de l’Itie et qu’au cours des trois dernières années, le Sénégal a mis en ligne des informations toujours plus nombreuses sur le secteur extractif.
Evoquant le rapport de l’institution, M. Sall dit : «L’Itie Sénégal a contribué à l’amélioration des systèmes de gestion de l’information du gouvernement et de l’échange de données inter-agences.

Le secteur minier, tout comme le secteur pétrolier et gazier, dispose désormais de registres accessibles en ligne pour le public. Les contrats miniers et gaziers au Sénégal sont publiés sur le site de l’Itie Sénégal, ainsi qu’un aperçu de tous les contrats et de leur statut de publication.»
A la lumière de ce rapport, le président de la République estime que le moment est venu d’arrêter les débats puérils. «On doit arrêter le débat malsain sur la gouvernance des ressources alors qu’on n’a même pas extrait le moindre mm3 de gaz ou la moindre goutte de pétrole», a soutenu M. Sall.
Au-delà des débats techniques entre experts, la conférence annuelle du Msgbc doit servir également, selon lui, à informer le grand public sur les enjeux, conditions et modalités d’exploitation de nos ressources gazières et pétrolières, d’où l’importance de mettre dans les boxes de traduction, la langue wolof, afin que tout le monde comprenne.

Macky Sall pense que dans le contexte mondial de pénurie des fertilisants, il serait indiqué d’expliquer que le gaz, en plus d’être une source d’énergie peu polluante, est une composante essentielle de la pétrochimie, qui contribue entre autres à la fabrication des engrais organiques.

«On fait importer beaucoup d’urée et d’ammonium dans ces pays, le jour où le gaz sera disponible chez nous, nous allons produire cela et cette économie est beaucoup plus importante que ce qu’on attend de l’exportation de gaz Lng», informe M. Sall.

Il exhorte cependant à combiner et à trouver les équilibres.

C’est dans cette dynamique qu’il a engagé Petrosen à développer des pourparlers avec Mitsu­bishi, pour voir la possibilité de la production d’urée. Chose qu’il faut faire en partenariat avec le secteur privé, qu’il soit national ou international, parce que l’Etat n’a pas pour vocation d’investir des centaines de milliers de milliards.

«Le gaz est une nouvelle opportunité d’industrialisation, de transfert de technologie, de création d’emploi et surtout de croissance et de prospérité.

Il est essentiel que le volet information soit davantage pris en compte par les conférences Msgbc, particulièrement en direction de la presse pour l’aider à son tour à informer juste et vrai», dira Macky Sall.

Ce qui compte pour le président de la République, c’est que l’exploitation de nos ressources se fasse dans de meilleures conditions de transparence et d’efficacité pour améliorer les conditions de vie de nos populations et augmenter le progrès de nos pays.

«C’est notre devoir et la finalité même de ce rendez-vous annuel», dixit tout en saluant la possibilité des conférences Msgbc tournantes à partir de l’année prochaine.

ksonko@lequotidien.sn/dialigué@lequotidien.sn