Lors de son adresse à la Nation hier, le président de la République a consacré une bonne partie de son allocution à l’installation du Bureau de l’Assemblée nationale. Macky Sall, qui regrette les incidents constatés dans cette institution, soutient qu’ils sont d’une «extrême gravité».

Par Dieynaba KANE – Le président de la République a affiché sa désolation suite aux incidents notés lors de l’élection du Bureau de l’Assemblée nationale mardi dernier. Macky Sall a, lors de son adresse à la Nation hier, regretté «profondément» ces incidents. M. Sall constate que «le spectacle désolant auquel certains se sont livrés dans l’enceinte de la Représentation nationale, en détruisant du matériel et en violant la sacralité des urnes, foulant ainsi au pied des dispositions du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale», est «d’une extrême gravité».

Poursuivant son sermon, le chef de l’Etat fait remarquer que c’est «indigne d’une démocratie majeure, indigne de la confiance du Peuple». Et d’ajouter : «Ce n’est certainement pas ce que les citoyens, qui ont voté dans le calme et la transparence, attendent de leurs représentants.»

Convoquant un contexte mondial marqué par les déchirures de la guerre, l’extrémisme, la violence, le Président Macky Sall estime que «nous devons mesurer la chance que nous avons de vivre dans la paix, la sécurité et la stabilité». Et de lancer un appel : «Nul n’a le droit de détruire ce legs ancestral, notre bien commun. Il nous appartient plutôt de l’entretenir et de le transmettre aux générations futures parce que les hommes passent mais la Nation sénégalaise demeure.»

Pour sa part, il promet : «En vertu des charges constitutionnelles qui m’incombent, j’ai le devoir de nous rassembler autour de notre bien commun et de notre commun vouloir de vie commune, parce que c’est mon rôle de garant de l’unité nationale et du fonctionnement régulier de nos institutions. J’ai la conviction que c’est aussi le choix que vous avez exprimé, mes chers compatriotes, en votant dans le calme et la sérénité.» Le Président Macky Sall compte ainsi veiller à ce que «nos institutions continuent de fonctionner sans entraves».

Il faut noter qu’à l’entame de son propos, le chef de l’Etat a tenu à faire savoir que le «renouvellement du mandat électif étant l’essence de la démocratie, la composition de la nouvelle Assemblée reflète la liberté et la pluralité de nos choix, mais aussi nos aspirations et espoirs». Ainsi pour lui, «cette expression plurielle mérite écoute et respect, elle rappelle à ceux et celles qui bénéficient du suffrage universel, qu’en démocratie, le pouvoir appartient au Peuple et que le mandat électif n’est pas un privilège, mais une charge à une échéance régulière au service du bien commun».

L’échéance électorale du 31 juillet refermée, M. Sall estime qu’il n’y a plus «de candidats de camps opposés, mais des représentants du Peuple élus par le Peuple et pour le Peuple». Insistant sur le fait que «nous avons la même histoire, le même destin» et que la «Nation sénégalaise reste une et indivisible», Macky Sall soutient que «le choc des idées et des ambitions ne doit jamais nous faire oublier notre vivre-ensemble».

Lundi dernier, lors de l’élection du président de l’Assemblée nationale, les députés de l’opposition et du pouvoir se sont donnés en spectacle. Les députés de l’opposition, qui voulaient empêcher les ministres élus députés sur la liste de Bby de prendre part aux travaux, ont bloqué l’Assemblée nationale.
Face à l’échec de régler le conflit par des négociations, la présidente de séance, Aïda Sow Diawara, a dû convoquer les Forces de l’ordre pour sécuriser l’élection du président de l’Assemblée nationale. Le spectacle était digne de celui des manifestations non autorisées. Les gendarmes ont formé un demi-cercle à partir du Perchoir, pour permettre aux députés de voter. Ceux de Yewwi et Wallu ont boycotté. Le mobilier de l’Hémicycle n’en sortira pas intact. Des dégâts importants ont été constatés. Des débris ont même parfois été utilisés comme armes pour se bagarrer.
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