En marge de l’Ag de l’Onu, qui se tient à New York, Macky Sall a pris part à une série de rencontres sur le financement de l’éducation et la sécurité alimentaire, et appelé à plus d’investissements dans ces secteurs.

Par Justin GOMIS – A New York, c’est un enchaînement d’évènements au-delà des discours à la tribune des Nations unies. Macky Sall a participé hier à une réunion sur la sécurité alimentaire, co-organisée par le Sénégal, l’Ue, l’Espagne et les Etats-Unis.

Aujourd’hui, l’on parle d’un défi majeur avec plus de 800 millions de personnes qui souffrent de la faim, soit une hausse de 150 millions depuis l’apparition de la pandémie du Covid-19, selon le dernier rapport de la Fao sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde.

«La situation s’est davantage aggravée avec l’impact de la guerre en Ukraine qui a entraîné une flambée des prix des produits alimentaires, de l’engrais (devenu trois fois plus cher qu’en 2021), des hydrocarbures, du transport et de la logistique. A cela, s’ajoutent les effets du changement climatique», explique Macky. Pour lui, «tous les pays en souffrent, encore davantage les plus vulnérables, d’où l’intérêt de travailler ensemble pour trouver des solutions concertées». C’est une situation très compliquée pour certains pays. «Ce qui urge aujourd’hui, c’est d’agir de concert pour assurer l’ouverture et la transparence des marchés des céréales et des engrais, afin que tous les pays puissent y accéder, conformément aux règles commerciales internationales.

Ensuite, au-delà des solutions conjoncturelles, il faut créer les conditions d’une production agricole durable, par une approche volontariste et des moyens conséquents», assène Macky Sall.

)Pour illustrer, il donne l’exemple du Sénégal : «Malgré la crise, en deux ans, nous avons relevé de 75% le budget de notre campagne agricole qui correspond à la période d’hivernage, en plus d’autres programmes de soutien à l’agriculture, engageant les jeunes et les femmes pour accélérer notre processus de souveraineté alimentaire.»

Selon lui, le continent doit prendre son destin en main. «Avec 30 millions de km2, plus de 60% des terres arables de la planète et d’abondantes ressources hydriques, l’Afrique a le potentiel nécessaire pour se nourrir et aider à nourrir le monde.

Ce qu’il faut, aussi bien pour l’agriculture que pour l’engrais, c’est bâtir des partenariats rénovés, fondés sur nos complémentarités en ressources naturelles, investissement et technologie, pour produire plus, transformer et créer une prospérité partagée», enchaîne-t-il.

Ecole de la réussite
Ce qu’il faut aussi, ce sont des ressources humaines hautement formées. Cela ne sera possible que grâce à un système éducatif performant. Lors d’un panel sur le financement de l’éducation organisé par l’Ua, avec l’Unesco, l’Unicef et le Pam, Macky Sall a insisté sur le financement de l’éducation. Cela va «la rendre plus performante, accessible à tous et adaptée aux réalités de son temps, c’est un défi commun à tous les pays, en particulier en Afrique, où l’Etat reste le bailleur principal du système éducatif». Pour lui, «l’école de la réussite nécessite la mobilisation de tous, acteurs étatiques et non étatiques, parce que l’éducation est l’un des meilleurs investissements dans la jeunesse et pour le futur des sociétés humaines». Pour renforcer le capital, il rappelle la validation de certaines initiatives comme le Programme d’amélioration de la qualité, de l’équité et de la transparence (Paquet) et les efforts consentis pour bâtir une «école» performante. «Aujourd’hui, le cumul des budgets des secteurs de l’Education, de la Formation professionnelle et de l’En­seignement supérieur représente plus de 26% de notre budget national, ratio largement supérieur à la moyenne de 20% recommandée dans l’Odd4», dit Macky Sall.

Il ajoute : «Cela nous a permis de démultiplier la construction et l’équipement d’infrastructures scolaires et universitaires, ainsi que les recrutements d’enseignants, et d’améliorer en même temps leur traitement salarial.»

En dépit de ce joli tableau, il espère l’élimination totale des abris scolaires précaires, le relèvement des effectifs scolaires dans les filières scientifiques, techniques et mathématiques, le renforcement de l’enseignement technique et professionnel avec l’objectif d’y orienter 30% des élèves issus du cycle fondamental (primaire), pour mieux promouvoir la formation qualifiante aux métiers et l’employabilité des jeunes…
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