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JO de Paris 2024: les caméras «augmentées» en débat au Parlement

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Des sénateurs français assistent à un débat sur un projet de loi sur l'énergie nucléaire lors d'une session parlementaire au Sénat français à Paris, le 24 janvier 2023 (Photo, AFP).
Des sénateurs français assistent à un débat sur un projet de loi sur l’énergie nucléaire lors d’une session parlementaire au Sénat français à Paris, le 24 janvier 2023 (Photo, AFP).
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 «Les Jeux olympiques et paralympiques impliquent la mise en place de mesures de sécurisation accrue de certains lieux»
  • Pour sécuriser les JO de Paris, l’aide de caméras permettant de détecter des mouvements suspects dans les foules est réclamée par les autorités

PARIS: Le Sénat français se penche mardi et mercredi sur le projet de loi olympique qui va notamment autoriser l’expérimentation des caméras « augmentées », outils dotés d’algorithmes, à compter de cette année en vue des JO-2024 à Paris, un texte très axé sur la sécurité.

« Les Jeux olympiques et paralympiques impliquent la mise en place de mesures de sécurisation accrue de certains lieux. La multiplicité des lieux concernés et le niveau de sécurité attendue rend nécessaire l’optimisation de l’emploi des forces de sécurité intérieure et des forces de sécurité civile et le traitement en temps réel des images collectées », relève l’étude d’impact de ce texte.

Il arrive quelques mois après le fiasco de la finale de la Ligue des champions fin mai au Stade de France. Spectateurs sans billets escaladant les grilles, détenteurs de billets bloqués à l’entrée, familles aspergées de gaz lacrymogène par la police ou encore vols et agressions, cette finale opposant le Real Madrid à Liverpool avait tourné au cauchemar.

Alors, pour sécuriser les JO de Paris, susceptibles d’attirer 13 millions de spectateurs, et quelque 600 000 personnes pour la cérémonie d’ouverture inédite le long des quais de Seine le 26 juillet, l’aide de caméras permettant de détecter des mouvements suspects dans les foules est réclamée par les autorités.

Tant aux abords des enceintes que dans les transports adjacents, elles pourront aussi détecter « des objets abandonnés », ou encore permettre « des analyses statistiques, de flux de fréquentation par exemple (…) », selon l’étude d’impact de la loi.

Celle-ci prévoit une expérimentation de ces nouveaux outils jusqu’au 30 juin 2025. Elles pourraient être testés pour la Coupe du monde de rugby 2023 prévue en France du 8 septembre au 28 octobre.

«Vigilance»

Le texte a été retouché par le gouvernement français après l’avis de la commission nationale informatiques et libertés (Cnil) et du Conseil d’Etat.

« Ces nouveaux outils vidéo peuvent conduire à un traitement massif de données à caractère personnel, y compris parfois de données sensibles », avait mis en garde la Cnil dans un avis général en juillet 2022.

Un amendement du groupe communiste (opposition) en veut la suppression, estimant qu’il y a une « atteinte disproportionnée à la protection de la vie privée, ainsi qu’à d’autres libertés et droits fondamentaux, des participants aux événements concernés, tels que la liberté d’aller et venir et les libertés d’opinion et de manifestation ».

La mesure ne va pas uniquement concerner les manifestations sportives mais aussi les manifestations « récréatives » et « culturelles ».

Pour le sénateur PS (opposition) Jean-Jacques Lozach, ce texte « nécessite de la vigilance » car une partie des mesures va être pérenne. Il dit craindre que ne revienne sur le tapis le sujet de la reconnaissance faciale, même si le gouvernement assure depuis des mois qu’il ne le souhaite pas pour les JO.

Les ministres des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, et de l’Intérieur, Gérald Darmanin, viendront défendre ce texte de 19 articles présenté jusqu’ici comme « mineur » ou « technique ». Une centaine d’amendements a été déposée.

Autre mesure de sécurité: les scanners corporels, qui pourraient venir un peu supplanter le manque d’agents de sécurité privée que tout le monde anticipe.

Un sujet délicat est aussi la possibilité de tests génétiques afin de se conformer aux standards mondiaux de l’antidopage.

Un vote solennel est prévu le 31 janvier.