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Guerre en Ukraine : Joe Biden annonce la livraison de 31 chars Abrams à Kiev

Par L’Obs avec AFP
Joe Biden à la Maison-Blanche, à Washington, le 25 janvier 2023. (ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP)
Joe Biden à la Maison-Blanche, à Washington, le 25 janvier 2023. (ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / A

Washington était jusqu’à présent réticent à fournir des blindés lourds à l’Ukraine. Cette livraison n’est pas « une menace offensive contre la Russie », a déclaré le président américain. Quelques heures plus tôt, Berlin avait donné son aval à l’envoi de Leopard 2.

Par L’Obs avec AFP

Après de longues tergiversations, les Etats-Unis vont finalement livrer 31 chars d’assaut M1 Abrams à l’Ukraine pour l’aider à combattre l’invasion russe, a annoncé Joe Biden ce mercredi 25 janvier, dans la foulée du feu vert allemand à l’envoi de blindés lourds à Kiev et en dépit des avertissements de Moscou. Il s’agit d’« aider l’Ukraine à défendre sa souveraineté et son intégrité territoriale », a déclaré le président américain lors d’une brève allocution. « Il ne s’agit pas d’une menace offensive contre la Russie. Il n’y a pas de menace offensive contre la Russie », a-t-il insisté.

« Les chars Abrams sont les chars les plus avancés au monde, a expliqué Joe Biden. Ils sont aussi extrêmement complexes à opérer et à entretenir, alors nous livrerons aussi à l’Ukraine les composants et l’équipement nécessaires pour les entretenir sur le champ de bataille. » Il a précisé que les troupes ukrainiennes allaient être entraînées à leur maniement « le plus vite possible ».

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Ces livraisons et l’aide militaire s’inscrivent dans le cadre « de l’engagement de pays à travers le monde, menés par les Etats-Unis, à aider l’Ukraine à défendre sa souveraineté et son intégrité territoriale ». Le président américain, qui a une nouvelle fois appelé les troupes russes à quitter l’Ukraine, s’est entretenu ce mercredi avec les dirigeants allemand, français, italien et britannique « dans le cadre de [leur] étroite coordination sur le soutien à l’Ukraine », selon sa porte-parole.

« Une étape importante sur le chemin de la victoire »

La nouvelle intervient quelques heures après que l’Allemagne a donné son aval à l’envoi de chars lourds à l’Ukraine après des semaines d’hésitations. Ces derniers jours, la pression s’était accrue sur le chancelier Olaf Scholz pour qu’il donne son feu vert. Ce mercredi, Berlin a décidé à la fois de fournir 14 Leopard 2 de type 2A6 issus des stocks de son armée, la Bundeswehr, et d’autoriser ses alliés occidentaux disposant de ces blindés de fabrication allemande à faire de même, tout en affirmant vouloir éviter « une escalade » qui conduirait à une guerre entre la Russie et l’Otan.

La Norvège a le même jour promis à l’Ukraine des Leopard 2, cependant que, selon plusieurs médias, la coalition de pays prêts à fournir de tels blindés comprend aussi le Danemark et les Pays-Bas, en plus de la Pologne et de la Finlande déjà sur les rangs. Et l’Espagne a confirmé mercredi être « disposée » elle aussi à faire partie de ce groupe.

Kiev réclame depuis des semaines aux Occidentaux des chars modernes, les jugeant essentiels pour repousser l’invasion russe. La présidence ukrainienne a donc salué mercredi ces livraisons de blindés lourds. « Une journée historique. Un de ces jours qui sera déterminant pour notre future victoire », s’est félicité sur le réseau social Telegram Andriï Iermak, le chef de l’administration présidentielle. « L’essentiel est que ce ne soit que le début. Nous avons besoin de centaines de chars », a-t-il martelé.

 Sur Twitter, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a remercié directement son homologue américain pour cette « nouvelle décision puissante ». « C’est une étape importante sur le chemin de la victoireAujourd’hui, le monde libre est uni comme jamais auparavant avec un objectif commun : la libération de l’Ukraine », a-t-il ajouté.

Jusqu’à récemment, les Etats-Unis disaient ne pas être prêts à fournir leurs chars lourds les plus avancés, les Abrams, à l’Ukraine pour combattre l’invasion russe, justifiant ce refus par des questions de maintenance et de formation. La semaine dernière, le numéro trois du Pentagone, Colin Kahl, avait souligné que le char Abrams était « un équipement très compliqué »« Il est cher, il requiert une formation difficile, il a un moteur d’avion à réaction. Je crois qu’il consomme 11 litres de kérosène au km », avait expliqué le sous-secrétaire à la Défense pour la stratégie. « Ce n’est pas le système le plus facile à entretenir », avait-il ajouté.

Une décision « extrêmement dangereuse »

Moscou a de son côté dénoncé une décision « extrêmement dangereuse qui va amener le conflit vers un nouveau niveau de confrontation », par la voix de son ambassadeur à Berlin Sergueï Netchaev. « Cela nous persuade une fois encore que l’Allemagne, à l’instar de ses alliés les plus proches, ne veut pas d’une solution diplomatique à la crise ukrainienne et qu’elle veut une escalade permanente », a-t-il encore dit.

Son homologue à Washington, Anatoly Antonov, avait quant à lui averti que « si les Etats-Unis décident de livrer des chars, il sera impossible de justifier un tel acte par des arguments liés aux “armes défensives”. Il s’agirait d’une nouvelle provocation flagrante à l’encontre de la Fédération de Russie ».